Menu type bébé 6 mois : 4 repas, 150 g de purée et le lait qui reste roi

À 6 mois révolus, le lait reste la base de l'alimentation de bébé, mais la diversification s'installe progressivement dans son quotidien. Entre les repères de quantités, l'ordre des aliments à introduire et la peur de mal faire, les parents cherchent avant tout un exemple concret sur lequel s'appuyer. Voici un menu type détaillé, avec les proportions à respecter et les grandes règles de sécurité pour démarrer sereinement.
À quoi ressemble une journée alimentaire à 6 mois ?
La journée d'un bébé de 6 mois s'organise le plus souvent autour de quatre repas : un petit-déjeuner lacté, un déjeuner à la cuillère, un goûter et un dîner. Cette structure en quatre temps permet d'introduire les aliments solides sans bousculer brutalement les habitudes prises depuis la naissance. Le lait reste présent à chaque extrémité de la journée, et parfois même au milieu, tandis que les deux repas à la cuillère se glissent naturellement au déjeuner et au dîner.
Le petit-déjeuner : toujours 100 % lacté
Au réveil, bébé prend un biberon de lait maternel ou de lait infantile, sans ajout d'aliment solide à ce stade. Certaines familles commencent à introduire quelques cuillères à café de céréales infantiles dans le biberon du matin, à raison de maximum 4 mesurettes ou 3 cuillères à café bombées par jour, toujours en accord avec l'appétit et les habitudes de l'enfant.
Le déjeuner : le premier vrai repas à la cuillère
Le déjeuner est souvent le repas où la diversification prend forme. On y propose une purée de légumes bien lisse, enrichie d'une petite quantité de matières grasses (une noisette de beurre ou une cuillère à café d'huile végétale), suivie éventuellement d'une petite quantité de protéines animales et d'une purée de fruit en dessert. La portion de purée de légumes peut aller jusqu'à 150 à 200 g selon l'appétit de l'enfant, sans qu'il soit nécessaire de terminer l'assiette à tout prix.
Le goûter et le dîner : douceur et légèreté
Le goûter reste généralement lacté, complété par une compote de fruits sans sucre ajouté, autour de 100 g. Le dîner, lui, reprend le schéma du déjeuner en plus léger : une purée de légumes autour de 130 g, suivie du biberon du soir. À ce stade, les protéines sont souvent réservées au repas de midi pour ne pas surcharger la digestion en soirée.
Combien de grammes donner à chaque repas ?
Les quantités données par les professionnels de santé sont des repères, pas des objectifs à atteindre coûte que coûte. Elles aident surtout à visualiser une progression cohérente sur plusieurs semaines.

| Repas | Aliment | Quantité indicative |
|---|---|---|
| Petit-déjeuner | Lait maternel ou infantile | 210 ml d'eau + 7 mesurettes de lait infantile (ou tétée) |
| Déjeuner | Purée de légumes | 150 à 200 g |
| Déjeuner | Viande ou poisson | 10 g, soit environ 2 cuillères à café |
| Déjeuner | Œuf (alternative aux protéines) | 1/4 d'œuf cuit dur |
| Déjeuner | Purée de fruit | 100 g |
| Goûter | Lait + compote | Biberon ou tétée + compote sans sucre ajouté |
| Dîner | Purée de légumes | 130 g |
Sur l'ensemble de la journée, le lait doit continuer à représenter environ 500 à 800 ml, répartis en 4 à 6 tétées ou biberons selon que l'enfant a déjà réduit ses prises lactées au profit des repas à la cuillère. Cette quantité couvre l'essentiel des besoins en calcium et en acides gras essentiels que les purées ne remplacent pas encore à ce stade.
Quels aliments introduire à 6 mois ?
Les légumes, en tête de la diversification
Les légumes sont généralement les premiers aliments solides proposés à bébé, car ils sont bien tolérés et faciles à mixer très finement. Carotte, courgette, haricot vert, potiron ou brocoli peuvent être introduits un par un, cuits à l'eau ou à la vapeur, sans sel ni assaisonnement. Cette introduction isolée, aliment après aliment, permet de repérer une éventuelle réaction et d'habituer progressivement le palais de l'enfant à de nouvelles saveurs.

Les fruits, féculents et matières grasses
Les fruits arrivent en parallèle, sous forme de compotes sans sucre ajouté : pomme, poire, banane ou pêche selon la saison. Les féculents (pomme de terre, riz, pâtes bien cuites) complètent progressivement les purées de légumes, dans une logique où l'on vise deux tiers de légumes pour un tiers de féculents. Les matières grasses, elles, ne doivent pas être oubliées : une noisette de beurre cru ou une cuillère à café d'huile végétale ajoutée dans la purée couvre une partie des besoins en acides gras essentiels, indispensables au développement neurologique du bébé.
Les protéines animales, en petites quantités
Viande, poisson et œuf peuvent être introduits dès 6 mois, mais en quantités très modestes : environ 10 g par jour, soit deux cuillères à café bombées. Le poisson, notamment les poissons gras, peut être proposé environ deux fois par semaine pour ses apports en acides gras essentiels, tandis que les légumineuses trouvent leur place à raison d'une fois par semaine environ.
Textures, allergènes et sécurité alimentaire
Une progression du lisse vers le plus consistant
Au tout début de la diversification, les purées doivent être bien lisses et homogènes, sans morceaux, pour faciliter la déglutition d'un bébé qui découvre encore la mastication. Progressivement, sur plusieurs semaines, les textures peuvent devenir un peu plus grossières puis évoluer vers des morceaux fondants, toujours bien cuits et faciles à écraser avec la langue. Cette progression suit le rythme de chaque enfant et ne doit jamais être imposée trop rapidement.
L'introduction encadrée des allergènes majeurs
Les recommandations actuelles vont plutôt dans le sens d'une introduction précoce, et non retardée, des allergènes majeurs comme l'œuf, l'arachide ou les fruits à coque, en respectant toujours le principe d'un aliment nouveau à la fois et en petite quantité. En cas de terrain allergique familial ou de doute, l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé reste la meilleure garantie pour introduire ces aliments en toute sécurité.
Introduire un seul aliment nouveau à la fois, en le proposant plusieurs jours de suite avant d'en ajouter un autre, laisse au système digestif et immunitaire de bébé le temps de s'adapter. Une purée de carotte proposée trois jours de suite avant le potiron, par exemple, permet de repérer facilement l'origine d'une éventuelle réaction. Cette patience distingue une diversification progressive d'une diversification menée dans la précipitation.
Les gestes de sécurité à ne pas négliger
Aucun sel ni sucre ajouté avant un an, une cuisson complète des aliments, des morceaux toujours fondants et jamais durs, et une surveillance attentive pendant le repas : ces règles simples limitent les risques de fausse route et d'inconfort digestif. Le lait de vache ne doit pas remplacer le lait infantile ou maternel avant un an, et le miel est à éviter avant 12 mois en raison d'un risque de botulisme infantile.
Adapter le menu selon le profil de bébé
Le bébé petit mangeur
Certains bébés se montrent réticents face aux nouvelles textures ou aux nouvelles saveurs. Dans ce cas, il est préférable de ne pas forcer et de proposer l'aliment refusé à plusieurs reprises, sur plusieurs jours, sans dramatiser un repas peu terminé. Le lait continue de couvrir l'essentiel des besoins nutritionnels à cet âge, ce qui laisse une vraie marge de manœuvre si les quantités solides restent en dessous des repères indiqués.
Le bébé allaité, au biberon ou en mode mixte
Que bébé soit allaité, nourri au biberon ou dans une organisation mixte, le principe reste le même : le lait garde sa place à chaque repas où il n'y a pas de purée, et la diversification vient s'ajouter sans jamais le remplacer brutalement. Une maman qui allaite peut continuer les tétées à la demande en parallèle des repas à la cuillère, sans avoir besoin de comptabiliser des volumes précis comme c'est le cas avec un biberon.
Respecter les signaux de satiété plutôt qu'un chiffre fixe
Au-delà des grammages indiqués dans les tableaux, le signal le plus fiable reste le comportement de bébé pendant le repas : il détourne la tête, ferme la bouche ou perd de l'intérêt pour la cuillère. Ces signaux de satiété méritent d'être respectés même si la quantité proposée n'a pas été entièrement consommée. L'appétit d'un bébé varie d'un jour à l'autre, parfois même d'un repas à l'autre, et cette variabilité fait partie intégrante d'une diversification qui se construit sans rigidité.