Préavis assistante maternelle : 8 jours, 15 jours ou 1 mois, quelles dates retenir ?

Le préavis d’une assistante maternelle en CDI est généralement de 8 jours calendaires, 15 jours calendaires ou 1 mois, selon l’ancienneté. Mais sa durée ne suffit pas à fixer la fin du contrat : la notification, les congés payés et une éventuelle dispense peuvent modifier le calendrier ou les sommes dues. Voici les vérifications à effectuer, que vous soyez parent employeur ou assistante maternelle démissionnaire.
Déterminer la durée avant de choisir la date de départ
Après la période d’essai, le retrait de l’enfant par le parent employeur et la démission de l’assistante maternelle impliquent normalement un préavis. Les paliers suivants s’appliquent au CDI, hors situations particulières excluant le préavis.

| Ancienneté retenue | Durée du préavis | Mode de décompte |
|---|---|---|
| Moins de 3 mois | 8 jours calendaires | Tous les jours comptent, même sans accueil |
| De 3 mois à moins de 12 mois | 15 jours calendaires | Week-ends et jours fériés compris |
| À partir de 12 mois | 1 mois calendaire | Un mois, et non systématiquement 30 jours |
L’ancienneté ne correspond pas au nombre d’années d’exercice de la professionnelle. Il faut examiner la relation contractuelle concernée et la date de début d’accueil. Si plusieurs enfants d’une même famille sont accueillis ou se sont succédé, vérifiez les règles de reprise d’ancienneté plutôt que de repartir automatiquement de zéro.
Service-Public précise que l’ancienneté déterminant la durée s’apprécie à la date d’envoi de la lettre recommandée ou de remise en main propre contre décharge. Cette date peut donc être différente du point de départ du préavis. C’est particulièrement important à proximité des seuils de 3 ou de 12 mois.
Ces règles ne doivent pas être transposées au CDD : son échéance et sa rupture anticipée répondent à un régime distinct. Pendant la période d’essai, ne reprenez pas non plus automatiquement les durées du tableau.
Fixer le début et la fin à partir de la notification
Conserver une preuve de la remise
Le parent notifie le retrait de l’enfant par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre contre décharge. Pour un recommandé, le préavis commence à la première présentation, même si la lettre est retirée plus tard. En main propre, la date de remise fait foi : conservez un exemplaire signé et daté.
La démission doit également être claire et notifiée par écrit. Son préavis commence à la remise ou à la réception de la lettre par l’employeur. Un échange oral permet de préparer l’organisation, mais ne remplace pas une notification dont la date est prouvée.
Compter les jours sans confondre accueil et contrat
Le premier jour du préavis entre dans le décompte. Les jours habituels de repos et les journées sans accueil ne sont pas à retirer : un préavis calendaire n’est pas un nombre de journées travaillées. Pour un mois commençant le 20 mai, le terme théorique est le 19 juin, avant prise en compte des suspensions et des règles applicables au jour d’échéance.
Si le terme tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé, vérifiez la règle de prorogation avant d’arrêter définitivement la date. Zen avec mon assmat mentionne notamment un report au lundi suivant pour une échéance le week-end. Ne confondez pas ce report avec une prolongation librement décidée par le parent.
Pensez au calendrier comme à une chaîne de justificatifs : notification, preuve de présentation, congés, accord de dispense, puis documents de sortie. Chaque maillon doit permettre d’expliquer le suivant. Conserver ces pièces ensemble évite qu’une date provisoire, annoncée pour organiser le nouvel accueil, soit ensuite utilisée à tort pour établir le dernier salaire.
Repérer les congés et les situations qui changent le calendrier
Un préavis peut être suspendu, avec un report de son terme. Service-Public mentionne notamment l’arrêt consécutif à un accident du travail ou à une maladie professionnelle, le congé de maternité ou d’adoption et les congés payés. Pour ces derniers, un accord écrit contraire peut permettre leur articulation avec le préavis sans suspension.
Avant de notifier la rupture, identifiez donc les dates de congés et formalisez l’accord éventuel. Une semaine sans accueil prévue au planning n’est pas nécessairement une semaine de congés payés de la salariée. Cette distinction évite d’ajouter des jours au préavis sans justification.
Un arrêt pour maladie ordinaire ne doit pas être assimilé automatiquement à un accident du travail : leurs effets diffèrent. Par ailleurs, la possibilité de rompre le contrat doit être distinguée du calcul du préavis. Une grossesse ou un congé de maternité entraîne des protections spécifiques ; Service-Public mentionne notamment une période de protection relative de 10 semaines après le congé maternité. Un état pathologique peut également augmenter ce congé, dans les limites de 2 semaines avant et 4 semaines après.
Certaines ruptures n’impliquent pas de préavis, notamment en cas de faute grave ou lourde, ou lorsque l’agrément ne permet plus l’accueil à la suite d’une suspension ou d’un retrait. Une modification d’agrément doit être examinée selon ses conséquences concrètes. Le décès de l’enfant relève aussi de dispositions particulières : ne le traitez pas comme un retrait ordinaire avec le seul tableau d’ancienneté.
Distinguer dispense de travail et absence de rémunération
Ne plus accueillir l’enfant ne signifie pas nécessairement que le préavis n’est plus payé. La personne à l’origine de la dispense détermine ses conséquences financières. L’accord doit préciser les jours concernés, surtout si la dispense n’est que partielle.
- Le parent dispense la salariée : la partie non effectuée est rémunérée comme si elle avait été travaillée, sous forme d’indemnité compensatrice de préavis. Cette dispense n’avance pas, à elle seule, le terme normal du contrat.
- La salariée demande une dispense et le parent l’accepte : la partie non effectuée n’est pas rémunérée. Formalisez la date de fin convenue.
- Le parent refuse la demande : le préavis reste à effectuer. Un départ anticipé non autorisé peut entraîner une demande d’indemnisation.
Les indemnités d’entretien et de repas ne se confondent pas avec le salaire : elles correspondent à l’accueil effectif et ne sont normalement pas dues lorsque l’enfant n’est pas accueilli. Séparez ces postes pour ne pas calculer la dispense à partir d’un montant global comprenant des frais non engagés.
Clôturer le contrat avec les bonnes sommes et les bons documents
Le dernier règlement peut comprendre le salaire restant dû, l’indemnité compensatrice de préavis, les congés payés acquis non réglés et une éventuelle régularisation. Pour un accueil sur 46 semaines ou moins, vérifiez notamment la régularisation de salaire.
En cas de retrait de l’enfant, une indemnité de rupture est normalement due à partir de 9 mois d’ancienneté, sauf exceptions. Service-Public indique un montant de 1/80e du total des salaires bruts perçus, hors indemnités d’entretien et de repas. Elle n’est pas due pour une démission ordinaire.
Pour les congés payés restant dus, comparez les méthodes applicables : le 1/10e et le maintien de salaire correspondant aux droits concernés, afin de retenir le résultat le plus favorable à la salariée. Déduisez les sommes déjà versées au titre des mêmes droits.
À la fin du contrat, préparez le certificat de travail, l’attestation employeur destinée à France Travail, le reçu pour solde de tout compte et le dernier bulletin de salaire. Avant de les établir, vérifiez une dernière fois :
- L’ancienneté retenue et le palier de préavis.
- La preuve de notification et le premier jour comptabilisé.
- Les congés, suspensions et accords écrits de dispense.
- La cohérence entre date de fin, dernier salaire et documents remis.
Un calculateur peut faciliter le décompte, mais son résultat dépend de ces paramètres. En présence d’une protection particulière ou d’un désaccord, faites vérifier le calendrier avant de finaliser la rupture.